Après une fracture du col du fémur, on vous parle parfois de prothèse intermédiaire. Et là, vous vous demandez peut-être ce que c’est, tout simplement.
Vous hochez la tête sans tout saisir, et c’est normal. On regarde ensemble la définition d’une prothèse intermédiaire de hanche : ce qu’elle remplace, ce qu’elle garde.
Prothèse intermédiaire de hanche : définition et composants
Une prothèse fémorale bipolaire
La prothèse intermédiaire de hanche remplace la tête et le col du fémur, mais pas le cotyle. Cette cavité du bassin reste en place et accueille la cupule de la prothèse.
On l’appelle aussi prothèse fémorale bipolaire. Elle repose sur deux pièces principales :
- La tige fémorale s’ancre dans le canal du fémur, avec ou sans ciment, selon la qualité de l’os et votre situation.
- La cupule intermédiaire entoure la tête. Elle est faite d’un noyau en polyéthylène (un plastique médical très résistant) et d’une enveloppe métallique qui vient au contact de votre cotyle naturel.
Deux mouvements dans une même prothèse
La tête métallique bouge à l’intérieur de la cupule. La cupule, elle, se déplace dans le cotyle conservé. L’articulation travaille donc sur deux niveaux.
Les prothèses partielles et totales remplacent des surfaces différentes
Une prothèse intermédiaire remplace la tête et le col, mais conserve le cotyle
La prothèse intermédiaire fait partie des prothèses partielles. Elle remplace la tête et le col du fémur. Le cotyle, lui, reste en place. Le chirurgien retire la partie fémorale abîmée, puis introduit la tige dans le fémur.
La prothèse totale remplace les deux versants

Avec une prothèse totale, les deux surfaces articulaires sont remplacées. Le composant fémoral comprend une tige et une tête. En face, un insert, placé dans un cotyle prothétique, s’articule avec cette tête.
Le choix dépend de la fracture, du cotyle et de votre mobilité
L’équipe regarde surtout trois points :
- l’état du cotyle
- la présence éventuelle d’une arthrose avant la fracture
- votre mobilité avant l’accident
Un cotyle très usé ou une arthrose évoluée orientent plutôt vers une prothèse totale. Si votre cotyle est sain, une prothèse intermédiaire peut être envisagée, notamment selon votre âge et votre mobilité avant la fracture.
La tête fémorale et le cotyle forment les deux versants de la hanche
Une articulation entre boule et cavité

La tête fémorale, arrondie, se trouve en haut du fémur. Elle vient se loger dans le cotyle, creusé dans l’os du bassin. Ce duo vous permet de tourner la hanche dans tous les sens.
Le cartilage facilite le glissement
Dans une prothèse intermédiaire, la cupule se déplace dans le cotyle naturel, dont le cartilage facilite le glissement. Son état compte donc dans le choix de l’implant. Mieux vaut vérifier cette surface avant de décider !
La prothèse intermédiaire traite surtout certaines fractures du col
Une indication centrée sur les fractures cervicales

L’indication principale est la fracture cervicale vraie, située au niveau du col du fémur, entre la tête et le massif trochantérien. La radiographie permet de repérer cette fracture et d’évaluer la hanche.
Cette fracture touche surtout les personnes âgées, souvent après une chute. Un scénario malheureusement fréquent, mais qui ne suffit pas à lui seul à choisir la prothèse.
Quand la fracture est déplacée, la tête du fémur ne reçoit plus assez de sang et l’os peut ne pas se ressouder. La prothèse remplace la tête et permet de reprendre l’appui et la marche rapidement, sauf contre-indication.
L’examen du cotyle guide l’arthroplastie
Les radiographies montrent la fracture et l’état de la hanche. Le chirurgien regarde aussi le cotyle. Il cherche une arthrose, une déformation ou une usure marquée.
Si l’arthrose est évoluée et gêne votre vie au quotidien, une prothèse totale peut être proposée, quel que soit votre âge. Si le cotyle est déjà abîmé, remplacer les deux versants pendant la même opération peut être envisagé.
Le choix de la prothèse dépend de plusieurs critères, pas du seul âge
Le score de Parker décrit votre mobilité avant la fracture
Le score de Parker évalue votre mobilité habituelle avant la fracture, à partir de situations de la vie courante.
- Marcher dans le logement : 3 points sans difficulté, 2 avec une aide, 1 avec l’aide d’une personne, 0 si vous ne marchez pas.
- Sortir du logement : même barème.

Les recommandations françaises combinent ce score, l’âge et l’état de la hanche. Elles envisagent une prothèse fémorale chez les personnes très âgées, ou dont la mobilité était déjà réduite avant la fracture.
Les recommandations britanniques ajoutent des conditions fonctionnelles
Elles conseillent une prothèse totale plutôt qu’une hémiarthroplastie (le remplacement du seul versant fémoral) si plusieurs conditions sont réunies. Vous marchez seul à l’extérieur, avec une canne au maximum. Aucune maladie ne rend l’intervention inadaptée. Vous avez de bonnes chances de rester autonome au quotidien au-delà de deux ans.
- vous marchiez seul à l’extérieur, avec une canne au maximum ;
- aucune maladie ne rend l’intervention inadaptée ;
- vous avez de bonnes chances de rester autonome au quotidien au-delà de deux ans.
La cupule bipolaire ne démontre pas de supériorité générale
Une articulation mobile au bénéfice théorique

La cupule bipolaire ajoute une articulation interne entre la tête métallique et la cupule qui l’entoure. Le mouvement se répartit alors entre cette articulation interne et le contact de la cupule avec le cotyle naturel.
En théorie, cette conception peut limiter l’usure du cotyle et améliorer certains mouvements. Mais elle ajoute une pièce mobile, sans transformer pour autant la prothèse intermédiaire en prothèse totale. La nuance compte !
La cupule bipolaire ne démontre pas de supériorité générale
Les évaluations de la HAS ne montrent pas de supériorité générale de la bipolaire sur l’unipolaire. Ni la survie de l’implant ni le résultat fonctionnel ne penchent nettement d’un côté. Autrement dit, la cupule mobile ne garantit pas un meilleur résultat.
La récupération après prothèse vise marche et autonomie
La rééducation commence rapidement
Après l’opération, l’équipe surveille la douleur, la stabilité de la hanche et votre capacité à vous lever. Sauf contre-indication, vous reprenez rapidement l’appui et la marche.

Le kinésithérapeute vous aide à passer du lit au fauteuil. Il travaille aussi les muscles de la cuisse et du bassin. Vous retrouvez ainsi peu à peu vos appuis.
Le retour à domicile se prépare avant la sortie
L’équipe vérifie avec vous :
- les escaliers et la salle de bains
- les tapis, qui peuvent faire glisser
- la place d’un siège ou de barres d’appui
Pensez à ces détails avant l’hospitalisation, c’est plus simple que de tout organiser au dernier moment ! Prévoyez le transport pour vos rendez-vous et l’aide d’un proche ou d’un professionnel.
Les évaluations de la HAS précisent composants et indications
Les documents distinguent deux familles d’implants
Les documents distinguent deux grandes familles. Les prothèses totales remplacent les deux surfaces articulaires. Les prothèses fémorales, elles, ne remplacent que le versant fémoral.
Dans cette seconde famille, l’unipolaire a une tête en contact direct avec le cotyle naturel. La bipolaire, aussi appelée prothèse intermédiaire, ajoute une cupule mobile autour de la tête. C’est cette cupule qui bouge aussi contre votre cotyle.
Avis de dispositif et recommandations n’ont pas le même rôle
Pour y voir clair dans votre cas, rapprochez trois éléments : le type de fracture, l’état du cotyle et votre mobilité avant la chute. C’est leur combinaison, et non votre âge à lui seul, qui permet de discuter une prothèse intermédiaire au cas par cas.
Si l’équipe évoque une prothèse intermédiaire, n’hésitez pas à lui demander pourquoi elle la propose plutôt qu’une autre, et ce que cela change concrètement pour votre quotidien. Une question simple, posée tôt, vous évite bien des doutes.






