Un morceau de ménisque retiré, et la douleur ne passe toujours pas ?
La greffe de ménisque peut alors être envisagée. Voici à qui elle s’adresse, comment elle se déroule et ce qu’elle coûte en France.
Greffe de ménisque, remplacer un tissu absent pour soulager le genou

Le ménisque, c’est ce fibrocartilage en forme de croissant. Il répartit les pressions entre le fémur et le tibia. Quand une grande partie a disparu, le genou fait des siennes : douleurs, gonflement après l’effort. Son rôle d’amortisseur s’affaiblit nettement.
La greffe vise justement à calmer ces douleurs. Elle rétablit une meilleure répartition des charges et peut ralentir l’usure du cartilage. Attention toutefois : elle ne garantit pas d’empêcher l’arthrose.
La transplantation vise les douleurs après méniscectomie étendue
C’est la principale indication. Elle concerne les personnes ayant subi une méniscectomie étendue : une grande partie du ménisque, voire tout le ménisque, a été retirée. Malgré les traitements habituels, elles gardent des douleurs.
Le profil recherché ? Un adulte plutôt jeune, avec un seul compartiment atteint, un cartilage peu abîmé et une articulation stable. L’axe de la jambe doit être correct, ou pouvoir être corrigé pendant la même prise en charge. Vous vous demandez si vous rentrez dans ces cases ? C’est justement ce que le chirurgien vérifie avant de décider.
Il regarde notamment :
- La douleur : elle doit correspondre à la zone où le ménisque manque, et résister aux médicaments, à la kinésithérapie et à l’adaptation des activités.
- Le cartilage : une arthrose avancée réduit fortement les chances de réussite.
- Les ligaments : une instabilité, comme un ligament croisé déficient, doit être corrigée avant ou pendant la greffe.
- L’alignement : une jambe trop arquée ou trop en X surcharge le greffon. Parfois, une ostéotomie, c’est-à-dire un réalignement de l’os, vient s’ajouter.
- L’état général : certaines maladies inflammatoires, une infection ancienne de l’articulation ou une obésité importante peuvent écarter l’indication.
Le greffon humain dépend d’un donneur et d’une taille compatible
Le greffon utilisé en France est une allogreffe. Autrement dit, c’est un tissu humain prélevé sur une personne décédée, lors d’un prélèvement multi-organes. Il est ensuite contrôlé, puis conservé par une banque de tissus.
La taille compte beaucoup. Un ménisque trop grand surcharge l’articulation. Un greffon trop petit répartit mal les forces et risque de se déchirer. Pour mesurer, on s’appuie sur les radiographies, l’IRM ou une reconstruction en trois dimensions.
Le choix se fait donc en comparant la taille du genou receveur à celle du ménisque d’origine. On tient aussi compte du mode de conservation. Le tissu peut être cryoconservé, c’est-à-dire gardé à très basse température jusqu’à son utilisation.
L’intervention arthroscopique implante le greffon et corrige parfois le genou

L’opération se fait généralement sous arthroscopie. Une caméra passe par de petites incisions, et le chirurgien n’ouvre pas largement le genou. Résultat : la récupération est souvent plus douce. Il retire les restes méniscaux instables, prépare les zones d’attache, puis introduit le greffon.
Les cornes et le pourtour du ménisque transplanté sont stabilisés pour permettre la cicatrisation. Des sutures peuvent suffire. Parfois, des points d’ancrage ou une fixation osseuse sont ajoutés.
L’intervention suit trois grandes étapes :
- Préparation : les tissus abîmés sont retirés, en conservant un rebord utile à la fixation.
- Fixation : les cornes et le pourtour du ménisque sont stabilisés pour permettre la cicatrisation.
- Geste associé : une reconstruction ligamentaire, une réparation du cartilage ou un réalignement du tibia peut compléter l’ensemble.
La rééducation protège le greffon avant la reprise progressive du sport
Après l’opération, la priorité est simple : protéger les attaches du greffon. Vous marchez peu, avec des béquilles, et vous portez souvent une attelle articulée. Dans les protocoles décrits, cette protection dure environ six semaines. Mais votre chirurgien adapte les consignes à la fixation réalisée.
La rééducation commence tôt, pour éviter que le genou se raidisse. Mais on avance avec prudence. Vous travaillez l’amplitude doucement, vous contractez le quadriceps, vous faites circuler le sang. Pas de charge excessive, en revanche, sur le ménisque transplanté.
Le calendrier reste indicatif :
- Jusqu’à 6 semaines : appui limité, attelle, béquilles et flexion contrôlée du genou.
- Entre 2 et 6 mois : reprise progressive de l’appui complet, récupération de l’amplitude et renforcement musculaire.
- Vers 6 mois : reprise de la course ou des exercices spécifiques, si la force, la mobilité et la stabilité suivent.
- Entre 6 et 12 mois : retour possible à certains sports, après validation médicale et rééducation complète.
L’extrusion et l’échec restent des risques après transplantation méniscale

L’extrusion, c’est le ménisque qui glisse vers l’extérieur de l’articulation. C’est un risque après une greffe. Pourtant, une image anormale ne veut pas dire que la greffe a échoué. Et elle ne justifie pas forcément une nouvelle opération.
Le greffon peut aussi se fissurer, se décoller en partie ou mal cicatriser. Alors, comment le repérer ? Une douleur qui dure, un gonflement qui revient, un genou bloqué ou qui bouge moins bien : ce sont des signes à montrer à votre médecin. Ne tardez pas à consulter.
Parmi les risques à discuter avant l’intervention :
- la déchirure, favorisée par les contraintes sportives ou une fixation mal cicatrisée
- l’infection ou la thrombose, complications générales qui existent après toute chirurgie du genou
En France, l’accès au greffon méniscal passe par l’essai ERAM
Oui, actuellement. Les greffons méniscaux de la Banque de tissus et de greffes de l’Établissement français du sang sont distribués dans le cadre du protocole ERAM. Vous avez peut-être déjà entendu ce sigle : il signifie Étude randomisée des allogreffes méniscales. Concrètement, cet essai compare une allogreffe cryoconservée à une prise en charge médicale. Il concerne des patients jeunes, opérés d’une méniscectomie.

Pour y accéder, passez d’abord par un chirurgien orthopédique. Il vérifie votre éligibilité, rassemble vos examens et rédige une prescription nominative. La banque propose ensuite les greffons disponibles. Puis l’équipe retient celui qui correspond à votre genou.
Côté argent, il n’existe pas de tarif public unique pour une transplantation méniscale en France. Le montant varie selon l’établissement, le chirurgien, les gestes associés et la prise en charge. Demandez donc un devis détaillé. Transmettez-le ensuite à votre complémentaire santé pour connaître votre reste à charge.
Pour préparer la consultation, deux types de documents vous seront très utiles :
- les comptes rendus opératoires, qui précisent la quantité de ménisque retirée et les éventuels gestes associés
- les radiographies ou IRM récentes, qui aident à évaluer le cartilage et l’axe du membre
Si vous avez subi une méniscectomie étendue et que les douleurs résistent, ne décidez pas seul. Parlez-en à votre chirurgien, qui vérifiera si votre genou entre dans les critères et si l’essai ERAM reste une option, avant toute décision.






