Le robot Mako du genou intrigue souvent les patients. Mais qui tient vraiment l’outil pendant l’opération ?
On fait le point sur son fonctionnement et sur ce qu’il change pour vous.
Le robot Mako du genou assiste le chirurgien sans le remplacer
Vous avez affaire ici à une aide robotisée pour la pose d’une prothèse totale ou partielle du genou. Le Mako s’appuie sur trois éléments : une planification en trois dimensions, des capteurs et un bras articulé. Ce bras, c’est vous qui le guidez, car le chirurgien reste aux commandes.
Pendant l’intervention, c’est bien le chirurgien qui tient le bras et le conduit. Le système suit le plan établi avant l’opération. La scie reste dans une zone virtuelle tracée autour de l’os. Une barrière haptique, une résistance sous la main, l’empêche d’en sortir.
Le déroulement se découpe en trois temps :
- Préparation de l’os : le chirurgien retire les surfaces abîmées, pendant que le bras l’aide à rester dans les limites du plan.
- Équilibrage du genou : il contrôle la tension des ligaments en extension puis en flexion, et ajuste la position de l’implant si besoin.
- Essai de la prothèse : des composants provisoires permettent de vérifier l’alignement et les mouvements avant la pose définitive.
Le scanner préopératoire construit un plan 3D adapté au genou

Avant l’intervention, un scanner du genou vous permet de créer un modèle numérique en 3D. Ce modèle montre vos os, leur éventuelle déformation et la place disponible pour la prothèse. Vous voyez ainsi, en quelque sorte, votre genou sur l’écran.
À partir de ce modèle, le chirurgien choisit la taille des composants. Il décide aussi de leur orientation et de leur position : de face, de dessus et de profil. Rien n’est laissé au hasard.
Le plan peut encore changer le jour de l’opération, et c’est bien normal. Une fois les capteurs posés, le chirurgien compare le modèle à votre genou réel. Il vérifie aussi jusqu’où votre genou peut bouger, ce qui vous concerne directement.
La précision du Mako est mieux établie que ses bénéfices fonctionnels
Le principal avantage documenté du Mako tient à la précision : les implants se positionnent plus fidèlement au plan, avec moins d’écarts. Le système aide aussi le chirurgien à améliorer l’alignement et à reproduire les coupes osseuses prévues.
Côté ressenti, c’est plus nuancé. Certaines études observent une récupération plus rapide au début, moins de douleurs ou une sortie de l’hôpital plus précoce, alors que d’autres ne constatent pas de différence fonctionnelle nette à court ou moyen terme.
À moyen terme, un bénéfice fonctionnel du Mako reste possible, mais les essais randomisés sont peu nombreux.
La récupération dépend aussi de votre situation personnelle :
- Votre état général : le diabète, le surpoids ou certaines maladies peuvent ralentir la cicatrisation et la reprise de la marche.
- La technique chirurgicale : la qualité du geste et l’expérience de l’équipe restent déterminantes, robot ou pas.
Après une prothèse totale du genou, la rééducation peut se poursuivre à domicile si votre état et votre autonomie le permettent. Votre orientation tient compte de vos besoins et de votre situation personnelle.
Des hôpitaux français proposent Mako pour les prothèses du genou
Plusieurs établissements français disposent du système Mako pour les prothèses du genou. Mais tout dépend de l’équipement de chaque centre. Tous les services d’orthopédie n’en sont pas dotés, alors vérifiez avant de prendre rendez-vous.
Vous pouvez notamment trouver cette technologie dans les établissements suivants :
- Hospices Civils de Lyon : les hôpitaux de la Croix-Rousse et de Lyon Sud utilisent Mako pour les prothèses du genou et de la hanche.
- Hôpital Lariboisière, AP-HP, à Paris : le service emploie Mako pour les prothèses du genou et de la hanche.
- Hôpital Saint Joseph, à Paris : le service propose la pose de prothèses du genou assistée par Mako.
- Hôpital Privé de Provence, à Aix-en-Provence : l’établissement utilise Mako pour des prothèses totales et partielles du genou.
- CHU de Saint-Étienne : le service de traumatologie et d’orthopédie y a recours pour la chirurgie prothétique du genou.
- Hôpital Robert Schuman, en Moselle : le service d’orthopédie utilise le système pour les prothèses du genou de première intention.
- Centre hospitalier de Perpignan : l’établissement a intégré Mako à son activité de chirurgie prothétique du genou.
L’accès à une opération Mako dépend du centre et de l’indication
La première étape reste une consultation avec un chirurgien orthopédique. Elle permet de confirmer l’origine de vos douleurs. Elle permet aussi d’évaluer la gêne dans votre quotidien. Vous saurez ainsi si une prothèse totale ou partielle correspond à votre cas.

La prothèse totale concerne en général les atteintes qui touchent plusieurs compartiments du genou. La prothèse unicompartimentale peut convenir si l’usure reste limitée à une seule partie de l’articulation. Il faut aussi que les ligaments soient suffisamment fonctionnels.
Si l’intervention paraît indiquée, le centre organise les examens nécessaires. Le scanner, qui sert à la planification Mako, en fait partie. Vous en discutez aussi avec l’équipe d’anesthésie. Vous fixez enfin la durée prévue du séjour.
Lors de la prise de rendez-vous, posez ces questions :
- Votre arthrose justifie-t-elle vraiment une prothèse ?
- Un traitement non chirurgical reste-t-il envisageable ?
- Quelle place la chirurgie assistée par Mako occupe-t-elle dans l’activité du centre ?
En France, l’Assurance maladie rembourse une partie des frais d’hospitalisation selon les règles habituelles. En revanche, le forfait hospitalier et certains dépassements peuvent rester à votre charge. Votre complémentaire santé peut couvrir tout ou partie de ces sommes, selon votre contrat.
Le Mako rend la pose plus précise, mais il ne fait pas tout. Au moment de choisir votre centre, tenez compte de l’expérience de l’équipe autant que de la présence du robot : la qualité du geste reste déterminante, robot ou pas.






