Chaque marche d’escalier vous rappelle votre genou. Les antalgiques ne suffisent plus, le repos non plus. Une greffe de cartilage du genou peut-elle vous aider ?
On fait le point sur ce qu’elle vise et sur les cas où elle aide.
Greffe de cartilage du genou : une lésion ciblée, pas une arthrose diffuse
Une douleur liée à une zone précise
Vous avez mal à un point bien localisé du genou ? Une greffe de cartilage vise ce genre de défaut profond et douloureux. Elle ne règle pas une arthrose qui abîme peu à peu plusieurs surfaces de l’articulation.
Ce qui vous gêne se traduit souvent par :
- une douleur à l’effort
- un gonflement après l’activité
- une sensation d’accrochage
- une difficulté à plier le genou
Cette lésion vient souvent d’un choc, d’une ostéochondrite disséquante ou d’une surcharge répétée.
Le bilan sélectionne les patients opérables
Le chirurgien commence par mesurer la lésion et chercher l’origine de vos symptômes. Il regarde votre âge, votre poids, votre niveau d’activité, la taille et la profondeur du défaut. Il regarde aussi l’état général de votre genou.

Il vérifie où se situe la lésion : condyle fémoral, rotule ou trochlée. Chaque zone encaisse des contraintes différentes. Les ligaments et les ménisques sont aussi contrôlés. Une instabilité ou une autre lésion peut gêner le résultat.
L’examen clinique, les radiographies et, si besoin, une imagerie en coupe complètent le bilan. Une arthroscopie montre ensuite l’état réel du cartilage. Elle confirme la profondeur de la lésion, avant ou pendant le traitement.
Mosaïcplastie, microfractures et greffes selon le défaut
Les microfractures consistent à percer de petits trous dans l’os, juste sous le cartilage abîmé. La moelle osseuse y amène des cellules qui forment un tissu de réparation. Ce tissu s’appelle le fibrocartilage. Il n’a pas tout à fait les qualités du cartilage d’origine.
La mosaïcplastie prélève de petits cylindres d’os et de cartilage dans une zone peu sollicitée du même genou. Puis elle les place dans la lésion. Cette technique convient surtout aux défauts localisés et de taille modérée, en général inférieurs à 2 ou 4 cm², selon leur emplacement.
Une membrane peut venir compléter une microfracture. C’est la technique AMIC. Elle recouvre la zone traitée et aide le caillot de réparation à tenir en place. Elle concerne plutôt des défauts plus larges, souvent compris entre 2 et 8 cm², selon les critères retenus.
La greffe autologue de chondrocytes fonctionne autrement. On prélève des cellules de cartilage, puis on les fait multiplier en laboratoire. Elles sont réimplantées lors d’une seconde intervention. SPHEROX utilise des sphéroïdes faits de vos propres chondrocytes. Il s’adresse à certaines lésions du condyle fémoral ou de la rotule, pouvant aller jusqu’à 10 cm².
La réparation du cartilage impose chirurgie et rééducation
L’attelle et les limites d’appui protègent la zone réparée
La mosaïcplastie se réalise sous arthroscopie. Si le chirurgien doit placer plusieurs greffons, il faut une petite ouverture en plus. Comptez souvent une à deux heures d’intervention. Elle se fait sous anesthésie générale ou locorégionale, selon votre dossier.
Après l’opération, une attelle peut limiter certains mouvements. Le chirurgien fixe aussi les limites de flexion et d’appui. Elles protègent les greffons et le tissu qui se forme.
L’appui revient par étapes

Des béquilles vous accompagnent en général plusieurs semaines. La durée dépend de la technique, de la taille de la lésion et de la stabilité du greffon. Après une mosaïcplastie, la décharge dure souvent quatre à six semaines.
La récupération se déroule en plusieurs étapes :
- Premières semaines : attelle si nécessaire, béquilles, mobilisation contrôlée et contractions musculaires simples.
- Vers six à huit semaines : reprise progressive de l’appui complet et de la marche sans béquilles, si le contrôle médical est favorable.
- À partir de trois mois : le vélo et la natation peuvent reprendre dans de nombreux protocoles, avec l’accord du chirurgien et du kinésithérapeute.
- Jusqu’à douze mois : le cartilage réparé continue de mûrir, et la reprise sportive complète reste progressive.
En France, l’accès dépend de la technique et du remboursement
Le parcours passe par un spécialiste

Votre médecin traitant peut prescrire les premiers examens. Il peut aussi vous adresser à un chirurgien orthopédiste. Cette orientation respecte le parcours de soins coordonnés. Elle permet un remboursement normal de la consultation spécialisée.
La prise en charge peut associer plusieurs postes :
- la consultation
- l’imagerie
- l’anesthésie
- l’intervention
- l’hospitalisation
- la kinésithérapie
- l’arrêt de travail
SPHEROX reste encadré
En France, la Haute Autorité de santé a rendu un avis défavorable à son remboursement dans l’indication évaluée chez l’adulte. Elle juge le service médical rendu insuffisant. Les alternatives disponibles sont jugées plus utiles.
Les autres techniques relèvent d’actes différents. La mosaïcplastie, les microfractures ou une éventuelle membrane ne sont pas couvertes de la même façon. Leur accès dépend de l’indication, de l’établissement et du matériel utilisé.
Le devis précise le reste à charge
Le coût total ne se résume pas au prix du greffon. Il comprend les consultations, l’imagerie et l’anesthésie. Il inclut aussi le séjour, les honoraires, les dispositifs médicaux et la rééducation. Réclamez un devis détaillé avant de programmer l’intervention.
L’Assurance Maladie couvre une partie des frais d’hospitalisation. Le forfait hospitalier, la chambre individuelle et les prestations de confort peuvent rester à votre charge. Les dépassements d’honoraires aussi. Votre complémentaire santé peut les prendre en charge.
Le professionnel doit vous informer du tarif de la consultation. Il doit aussi vous dire quels actes sont prévus et s’il y a des dépassements. Une information écrite est obligatoire dès que les honoraires atteignent ou dépassent 70 €.
Votre mutuelle doit préciser trois points :
- la prise en charge des honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste
- le remboursement de la chambre particulière
- le montant estimé de votre reste à charge
Votre genou mérite un vrai diagnostic avant toute décision. Prenez rendez-vous avec un chirurgien orthopédiste, apportez vos radiographies et demandez-lui si votre lésion relève d’une greffe, et pourquoi.






