Votre enfant refuse de poser le pied après une chute. Le médecin parle d’une fracture en motte de beurre du tibia. On se demande si c’est grave.
On fait le point sur cette lésion, ses signes et la durée de l’immobilisation.
Fracture en motte de beurre du tibia : un tassement stable chez l’enfant

Une fracture en motte de beurre correspond à un tassement de la corticale, la couche dure qui entoure l’os.
Concrètement, l’os se déforme légèrement sous la compression. Il ne se sépare pas en deux morceaux. Cette lésion, propre à l’os en pleine croissance, reste en général stable et peu déplacée.
Chez le jeune enfant, elle touche souvent :
- la partie basse du tibia, près de la cheville
- la partie haute, près du genou, notamment après une chute de trampoline
Une chute ou un saut peut comprimer l’os et provoquer ce tassement.
Le nom « motte de beurre » évoque la petite voussure de la corticale, la couche dure qui entoure l’os.
Il ne s’agit pas d’un trait qui traverse complètement l’os. Le traitement passe le plus souvent par une immobilisation, sans opération.
Une douleur ou une boiterie peut révéler la fracture du tibia
Chez un petit enfant, le signe le plus parlant est souvent le refus de poser le pied. Il peut pleurer quand il essaie de marcher, boiter, se déplacer moins que d’habitude ou réclamer qu’on le porte.
Ne vous fiez pas à l’absence de gros hématome : elle ne suffit pas à écarter une fracture.
La douleur se situe en général autour de la cheville ou dans le bas du tibia. Dans certaines fractures proches du genou, elle se trouve plutôt sous le genou.
Le médecin compare les deux jambes. Puis il appuie doucement sur le tibia. Il évite les gestes qui font mal inutilement.
Après une chute ou un saut, l’enfant peut refuser de poser le pied, même s’il paraît tout à fait bien tant qu’il reste assis. Un gonflement modéré peut apparaître, mais il est parfois absent dans une fracture stable.
Une consultation urgente s’impose en cas de :
- une douleur intense
- une jambe déformée
- une plaie
- des orteils pâles ou bleus
- une perte de sensibilité
- une douleur qui augmente vite
Ces signes peuvent traduire une lésion plus importante. Ils peuvent aussi signaler un problème de circulation.
Les radiographies confirment le tassement du tibia

Le diagnostic commence par l’examen clinique, puis passe par une radiographie du tibia ou de la cheville. Sur les clichés de face et de profil, le radiologue cherche une irrégularité. Il peut repérer une petite voussure de la corticale ou un changement dans l’axe de l’os.
La fracture est parfois très discrète. Une petite bosse sur le contour de l’os se voit souvent mieux de profil. Le radiologue regarde aussi les articulations voisines, le cartilage de croissance et les tissus autour de l’os.
Dans une fracture typique, la radiographie montre une corticale bombée. Il n’y a pas de trait qui traverse complètement l’os. Elle indique aussi une localisation métaphysaire, c’est-à-dire dans la zone élargie de l’os, près d’une articulation.
Le niveau du tassement guide l’immobilisation du tibia

Le traitement dépend de l’endroit de la fracture, de l’âge de l’enfant, de la douleur et de la stabilité visible sur les radiographies. Une fracture basse, près de la cheville, reçoit en général une botte plâtrée pendant environ trois semaines.
Chez l’enfant de moins de quatre ans, le médecin peut préférer un plâtre cruro-pédieux. Il remonte jusqu’à la cuisse et maintient le genou. Les mouvements sont limités, et l’enfant retire moins facilement l’immobilisation.
- Fracture basse stable du tibia : botte plâtrée autour de 3 semaines. L’enfant limite l’appui selon sa douleur et utilise une poussette ou un fauteuil si nécessaire.
- Fracture basse chez un tout-petit : plâtre cruro-pédieux, souvent autour de 3 semaines. Le plâtre englobe le genou et demande une installation plus attentive pour les déplacements.
- Fracture haute ou plus instable : immobilisation plus couvrante, parfois plâtre long. Un contrôle clinique et radiographique peut vérifier que l’axe du tibia reste correct.
La botte ou le plâtre ne doit pas être serré au point de comprimer le pied. Quand le gonflement est important, l’équipe peut commencer par une attelle plâtrée ouverte. Puis elle adapte l’immobilisation quand le gonflement diminue.
Une opération est rarement nécessaire pour une fracture stable. Si les radiographies montrent une fracture déplacée ou instable, le médecin adapte le traitement.
Suivez la consigne d’appui donnée par l’équipe médicale. Certains enfants peuvent poser le pied selon leur douleur. D’autres doivent rester sans appui pendant quelques jours. Ne modifiez pas cette consigne vous-même.
Après trois semaines, la reprise du sport reste progressive
Après environ trois semaines, le plâtre peut être retiré dans les formes stables du bas du tibia. Il faut tout de même l’accord de votre médecin. Chez l’enfant, l’os se consolide en général vite. Mais enlever le plâtre ne veut pas dire que la jambe peut déjà courir, sauter ou supporter un choc.
La reprise se fait par étapes :
- Premiers jours, marche à la maison selon la douleur, sans course ni saut.
- Ensuite, sorties courtes sur terrain plat, avec des chaussures stables et une surveillance de la boiterie.
- Puis, jeux sans contact une fois que l’enfant marche normalement et ne ressent plus de douleur.
- Enfin, activités avec course, saut ou risque de chute, après validation médicale.
Le sport doit attendre que les symptômes locaux disparaissent, en particulier la douleur à la palpation et à l’appui. Les activités avec sauts ou contacts exposent à un nouveau traumatisme si l’enfant reprend trop tôt.
La kinésithérapie n’est pas systématique pour une fracture stable. Le médecin peut la proposer si la cheville reste raide ou si la marche revient plus lentement que prévu.
Le plâtre exige une surveillance attentive des orteils
Laissez les orteils visibles dès que c’est possible. Regardez-les plusieurs fois par jour. Comparez leur couleur, leur chaleur et leur mobilité avec ceux du pied opposé. Un léger gonflement peut apparaître, surtout au début. Restez attentif.
Surélevez la jambe, surtout les premières heures et quand l’enfant est allongé. Gardez le plâtre sec. Ne glissez rien à l’intérieur, même si la peau démange. Un objet peut blesser la peau sans que vous le voyiez.
Demandez rapidement un avis médical si vous constatez :
- Des orteils bleus, très pâles ou froids, ou une couleur qui ne revient pas normalement après une légère pression sur l’ongle.
- Un gonflement qui augmente, avec un plâtre qui semble trop serré.
- Une douleur qui devient forte ou résiste aux antalgiques prescrits, surtout si elle s’accompagne de pleurs inhabituels.
- Des fourmillements, une perte de sensibilité ou une difficulté à bouger les orteils.
- Une odeur désagréable, un liquide, une plaie ou un plâtre mouillé à l’intérieur.
N’attendez pas le rendez-vous prévu si les orteils semblent moins bien irrigués. N’attendez pas non plus si l’enfant ne peut plus les bouger ou si la douleur augmente brutalement. Appelez les urgences ou le 15, selon la gravité et l’état de l’enfant.
Une fracture en motte de beurre se soigne le plus souvent sans opération. Après environ trois semaines, le plâtre peut être retiré dans les formes stables du bas du tibia, avec l’accord du médecin. La reprise de la course et des sauts se fait ensuite par étapes.






