Une prothèse de hanche ne dure pas toujours : avec les années, elle peut se détacher de l’os.
Une douleur nouvelle dans l’aine ou la cuisse vous inquiète, et vous vous demandez si vous pouvez encore marcher. Cet article vous explique ce qu’est un descellement, comment en reconnaître les signes, quels examens attendre et quels traitements existent.
Quand faut-il consulter ?
Les signes qui justifient un avis rapide
Pendant le premier mois après la pose, une douleur qui réapparaît ou qui augmente, ou une récupération qui se dégrade, justifie un avis médical rapide. Ne vous dites pas que ça passera seul.
Une cicatrice rouge ou qui cicatrise mal, comme tout écoulement, doit être vue. Un écoulement purulent ou un abcès fait fortement penser à une infection. La fièvre ou les frissons aussi : dans le premier mois, c’est une urgence.
Luxation et chute sur la prothèse : l’urgence
Après une chute, ces signes imposent d’aller aux urgences sans attendre un rendez-vous :
- Une douleur brutale à la hanche, avec une jambe déformée ou raccourcie.
- Une jambe impossible à bouger, même légèrement.
- Une douleur après une chute, même sans déformation : elle peut venir d’une fracture autour de la prothèse, et seule une radiographie permet de faire la différence.
- Une envie de remettre la prothèse en place : ne le faites jamais vous-même.
Ce qui peut attendre un rendez-vous ordinaire
Une douleur qui s’installe lentement, sans fièvre ni chute, peut attendre un rendez-vous ordinaire. Mais si elle augmente ou revient après une période de mieux, consultez pour un bilan, même sans fièvre.
Un descellement se voit parfois sur une radiographie bien avant de faire mal, et ses signes peuvent apparaître plusieurs années avant une reprise. Ne laissez donc pas le rendez-vous glisser : prenez-le dès que la douleur change.
Qu’est-ce qu’un descellement de prothèse de hanche ?
Un descellement, c’est quand la prothèse ne tient plus à l’os. Le composant, la pièce fixée dans l’os, se détache. Il touche le cotyle, la cupule du bassin, la tige dans le fémur, ou les deux.
Il existe deux familles, selon la cause. Le descellement aseptique survient sans infection. Le septique est lié à une infection autour de la prothèse. Pourquoi ? Parce que le traitement n’est pas le même.

Le descellement avance souvent à bas bruit. Dans une étude de reprises pour descellement aseptique, les signes radiologiques apparaissaient environ quatre ans avant l’opération, et la douleur augmentait ensuite.
Pour repérer les symptômes du descellement, regardez où a lieu la douleur : à la cuisse, elle évoque souvent la tige fémorale, à l’aine le cotyle. Notez quand la gêne a commencé et où elle siège : le chirurgien le demandera d’abord.
Pourquoi survient un descellement ?
L’usure des surfaces de frottement, par exemple celles en polyéthylène, libère de petites particules. L’os autour de la prothèse se résorbe alors peu à peu, c’est-à-dire qu’il diminue.
Des micromouvements répétés de l’implant, ou une fixation trop faible dès la pose, peuvent aussi entraîner cette perte de fixation. Pourquoi est-ce grave ? Parce que la prothèse, moins bien tenue, finit par bouger dans l’os.
Une infection peut apparaître tôt après l’opération, ou bien plus tard. Quand elle arrive tard, elle progresse lentement, souvent sans forte fièvre.
Si des signes de descellement apparaissent dans les deux ou trois premières années, cherchez l’infection avant de parler d’usure. Ne vous fiez pas à l’idée d’une simple usure : demandez la recherche dès le premier signe.
Comment ça se manifeste
Douleur et raideur
La douleur peut se situer dans l’aine, la cuisse, la fesse ou le genou, et s’aggraver à l’appui.
Le lieu oriente déjà : une douleur à la cuisse vient souvent du côté fémoral, la tige logée dans le fémur. Une douleur à l’aine vient souvent du côté cotyloïdien, la coupe placée dans le bassin.
Une douleur qui revient après un temps calme mérite un examen, et pas seulement si elle est forte. Notez où elle siège.
Pour savoir si le descellement gêne déjà votre marche, regardez ce que vous arrivez encore à faire :
- La raideur : plier la hanche devient difficile, pour enfiler une chaussette par exemple.
- La boiterie : vous penchez le corps d’un côté à chaque pas, et vous marchez moins longtemps.
- La perte d’autonomie : vous demandez de l’aide pour des gestes que vous faisiez seul avant.
- Une douleur sans fièvre ni écoulement est souvent mécanique, donc pas une infection.
Marche et appui
En attendant l’évaluation, une canne ou un déambulateur, ce cadre à deux mains qu’on pousse devant soi, peut vous aider à marcher. Suivez toute consigne différente donnée par le chirurgien.

Après une reprise, c’est le chirurgien qui fixe la quantité d’appui permise. Une reconstruction osseuse peut même interdire de poser le pied au sol pendant un temps.
Inutile de vouloir aller vite : demandez le réglage exact avant de vous lever seul.
Comment le diagnostic est posé
La radiographie est l’examen de départ. Le médecin la compare aux anciens clichés, car c’est le changement qui compte. Il cherche un liseré (un espace clair autour de l’implant), une perte d’os ou un composant déplacé.
Un liseré de 2 mm au moins qui s’élargit fait suspecter un descellement. Classez vos radios dès maintenant : sans elles, le médecin ne voit pas ce qui a changé.
Après la radio, le bilan se poursuit avec la scintigraphie osseuse, expliquée simplement.
| Critère | Scanner | Scintigraphie | CRP (inflammation) | Ponction |
|---|---|---|---|---|
| Apport | Mesure l’os perdu autour de l’implant | Localise un descellement ou une infection | Plus de 10 mg/L : infection possible | Liquide prélevé pour chercher des bactéries |
| Limite | Utile si les radios ne suffisent pas | Ne confirme pas seule la cause | Normale ou haute, n’exclut ni ne confirme | Lue avec les autres examens |
Comment se soigne un descellement
La reprise pour descellement aseptique
Dans un descellement sans infection, le chirurgien retire le composant qui ne tient plus : le cotyle, la coque du bassin, ou la tige, qui va dans le fémur. Si les deux sont atteints, il les remplace tous les deux.
Si l’os a beaucoup perdu de sa solidité, la reprise demande une reconstruction, avec une greffe ou un implant adapté à la perte osseuse. C’est le point à poser à votre chirurgien : quel est l’état de mon os ?
La reprise pour infection
Si l’infection est confirmée, l’équipe peut changer l’implant en un seul temps, après un lavage qui retire les tissus infectés. Des prélèvements identifient le germe, et l’antibiotique est choisi en fonction de lui.
Si l’infection est tardive, on opère en un ou deux temps. Le choix dépend du germe, de l’état de l’os et de l’étendue de l’infection.
Le traitement antibiotique dure de six semaines à trois mois. Ne l’arrêtez pas plus tôt : l’infection peut revenir.

Après une reprise, l’hospitalisation dure de trois à huit jours, selon l’intervention. Un simple changement d’implant ne demande pas le même séjour qu’une reconstruction osseuse.
Dès l’hôpital, l’équipe de rééducation vous fait marcher. Rester couché longtemps ne fait pas gagner de mobilité, et c’est pourtant ce que beaucoup de patients craignent de faire trop tôt. Avant de rentrer, demandez l’appui autorisé par écrit.
Retenez une chose : une douleur qui change, qui augmente ou qui revient ne doit pas attendre que ça passe toute seule.
Fièvre, frissons ou douleur après une chute, c’est tout de suite les urgences. Sinon, le prochain pas est simple : prenez rendez-vous dès maintenant, classez vos radiographies et notez où la douleur siège.






